‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 188 sur 270 · Cordez , empêchés · texte numérisé non relu

Cordez , empêchés

DISCOURS

estant devant le siège de Vallance en Piedmont ', ils concertèrent ensemble de sauter viste dans le camp de M. de Guyse, tirant vers l’Italie et estant aussi devant Vallance, où là absous de la deffense de M. de Brissac et en franchise dans le camp de M. de Guyse, se battirent et se blessèrent fort bien sans courir aucune fortune de la deflence de M. de Brissac, ordonnée chez luy. Brave invention certes, et brave courage aussi de ces deux braves gens.

Il y a encore un poinct, que si le roy ou le prince naturel de l’appelle luy deffend expressément et sur la vie de n’aller à l’assignation de l’appellant en pays estrange, il ne luy doit obéyr, parce (disent les duellistes) qu’il faut prefférer l’honneur au prince, à son mandement, à la vie et à tout. Ces messieurs en parlent bien à leur aise, comme si c’estoit peu de chose que désobéyr à son roy. Ils disent pourtant que la loy de l’honneur commande tellement, que si un père accuse son fils de crime de lèze-majesté divine et humaine, ou de quelqu’autre, dont il puisse eslre déshonnoré, le fils ne pouvant monstrer son innocence autrement, il peut appeller justement le père en duel, d’autant que le père luy faict plus de tort et de mal de le déshonnorer, qu’il ne luy a faict de bien de le mettre au monde et luy donner la vie.

Pour reprendre encore un peu nostre propos sur la donnaison de vie, il y a un poinct qu’il faut bien adviser, que si elle se débat par les deux parties d’une diverse façon, et qu’elles (ne s’accordent en

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