Jactez , glorifiés avec jactance, de l’espagnol jactar
SUR LES DUELS
qui sont estez les premiers fondateurs jadis de ces combats et de leurs poinetilles, et en ont très-bien sceu les théoriques et pratiques. Les Espaignols aussi, mais non tant qu’eux. Aujourd’hui nos braves François en sont les meilleurs maistres, autant pour la science que pour la pratique de la main. Les Italiens qui sont un peu plus froids et advisez en ces choses que nous autres, aussi un peu plus cruels, ont donné d’autresfois cette instruction (comme j’en ay veu aucuns) à ces donneurs et espargneurs de vies, que le plus beau et le meilleur est, quand l’on en est là, de mettre son ennemi en un tel poinct d’extrémité, et, comme dict l’Espaignol, à tal punto di pelea et di puerra qu’il le laisse là estendu, sans pourtant l’achever ny luy donner le dernier coup de la mort, mais très-bien l’estropier de bras et de jambes, qu’il ne puisse jamais plus retourner au combat, ny luy faire mal, ny dire qu’il ne luy a point donné la vie. De donner encore et de plus une grande estaffilade sur la naze et le visage, disoient-ils, n’estoit que bon pour servir de mémoire ; si que l’ayant mis et réduict à telle dernière mercy, il ne craigne luy arriver ce qui arriva à un brave et vaillant gentilhomme de la cour, et du temps du roy Henry II, lequel l’avoit bien en ses guerres bravement et vaillamment servy, et qu’on le tenoit à la cour pour un fendant et un bizarre; ainsi qu’il portoit la plume de telle façon que le Greffier de l’Ory, fou plaisant, qui faisoit des serments souvent fort extravagants et divers, juroit quelquesfois par la digne et bizarre plume de ce fou