‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 194 sur 270 · Il eust mal basté , cela eût mal tourné · texte numérisé non relu

Il eust mal basté , cela eût mal tourné

Philippes , et pourtant luy fut pardonné et avec grande peine.

Il en arriva de mesmes au marquis de Villanne, à l’entrée de l’impératrix à Tollède, lequel ayant esté poussé un peu du cheval par un argouzil1, mit soudain l’espée à la main; y cuyda avoir de la rumour grande, car toute la noblesse se formalisa pour ledict marquis à cause de sa grandeur et alliance qu’il avoit avec les plus grands, et pour ce l’empereur le passa et acquiesça tellement quellement. Certes tels premiers mouvements ne sont pas en nos puissances, et mesmes quand il y va de l’honneur, et surtout aux François lesquels sont si impatiens qu’ils sont soudains par sur tous autres.

Si vis-je une fois nostre feu roy Henry III si en colère contre le sieur de Bremian, de quelque soufflet ou coup de poing donné à un gentilhomme dans la basse salle du Louvre, que s’il eust esté attrapé ainsi qu’il le fit chercher, il luy eust faict un mauvais party ; et tous les vivans ne l’eussent sceu sauver, tant il cognoissoit bien que tels mespris de respects et telles insolences estoient de grande conséquence, et portant un grand préjudice à sa grandeur et authorité, jusques là que la fois que feu M. de Bussy ayant querelle contre le seigneur de Sainct Fal, et que le roy ayant commandé à ses princes et mareschaux et grands capitaines pour les accorder, ainsi que le roy le vit par la fenestre entrer dans le Louvre, accompaigné de plus de deux cens gentilshommes, il le trouva mauvais, disant que c’estoit

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