‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 195 sur 270 · Argouzil , alguazil · texte numérisé non relu

Argouzil , alguazil

384 DISCOURS

trop faire le grand et du prince. Je sçay bien qu’il m’en tança et ce qu’il m’en dict; d’autant que parmy cette grande troupe, il n’y avoit que messieurs de Grillon, de Neufvye et moy qui fussent au roy, les autres estoient à M. d’Alençon et autres princes, d’autres qu’à eux-mesmes. Je me suis perdu parmy cette briefve disgression, mais elle n’est point dommageable, et possible que je l’eusse oubliée, ou ne fust venue ailleurs à propos.

Or il y a aucuns catholiques et plusieurs religieux qui non-seulement ont désapprouvé les combats à outrance solcmnels, mais ces combats et appels à la mazza, jusques là que j’ay veu un livre fait contre nostre feu roy Henry III, par lequel l’auteur le taxe d'avoir esté l'introducteur premier de ces appels, et les avoir librement permis en sa cour et son royaume; mesmes le garde des sceaux * aux Estats, à Blois, détesta ces duels, disant que le seul nom en estoit en horreur aux chrestiens, allégant une raison de pardonner à ceux qui offencent. C’estoit bien rencontré de picques , et luy falloit là-dessus donner vinum et cspecies', et qu’il beust un coup pour un si bon mot ; car ou du tout il faut abollir le point d'honneur des hommes et des femmes. Cela est bon à des religieux et hermites, et me permettra, s’il luy plaist, M. ledict garde des sceaux, luy dire qu’il n’alléga pas bien là, et ne méritoit qu’on criast, bibat, vivat; et luy et le livre en peuvent dire ce qu’ils voudront,

1. René de Birague. Il s’agit des États tenus à Blois en 1576 et 1577.

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