‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 196 sur 270 · Vin et épices. — Especies pour speeies · texte numérisé non relu

Vin et épices. — Especies pour speeies

mais pour ce que dict ce livre. Dieu et plusieurs gentilshommes dignes de foy peuvent tesmoigner avec moy s’il est vray que le roy Henry III ayt le premier introduict les appels et approuvé ; car du temps du roy Charles IX, ils se commencèrent à pratiquer, comme celui du baron d’ingrande et de Gerzay à Sainct-Germain , où le baron fut tué, et comme celuy du petit Reffuge que j’ay dict cy-devant, et du brave et vaillant M. de Grillon qui tua un capitaine dont j'ay oublié le nom, très- vaillamment aussi, en estaquade, et force d’autres que je n’allégueray pour fuyr prolixité.

Le comte de Brissac fit aussi appeller par le gros la Berte', l’un de ses maistres de camp, le comte de Tande, aux troisiesmes troubles, au bout du parc de Vertueil en Angoulmois, chasteau appartennant au comte de la Rochefoucaut, mais ils furent empesehez : j’en parle du subject ailleurs.

Quant à notre roy Henri IH, je sçai bien, et plusieurs gens de foy comme moy, combien de fois il en a faict d’ordonnances et deffences de n’en venir plus là ; car je l’ay veu à la cour le publier plus de cent fois; et bien souvent quand aucuns y contrevenoient, il estoit si bon qu’il ne les vouloit faire punir à la rigueur, car il aymoit sa noblesse, comme j’espère en alléguer des exemples en sa vie*, par lesquels il a faict démonstration combien il l’aymoit. Au reste, jamais querelle n’est entrevenue en sa cour, qu’estant

t. Voyez plus haut, p. 137.

2. Cette vie n’a jamais été écrite; du moins elle n’a point été imprimée et on n’en connaît aucun manuscrit.

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DISCOURS

venue en sa notice', qu’il ne la fist aussitost accorder, fust ou par luy, ou par les officiers de la couronne. Il est vray qu’on m’en pourroit alléguer aucunes, qui sont trois ou quatre, qui font en cela contre moy ; je le croy bien, il le falloit ainsi : je ne nommeray rien; ceux qui me liront m’entendront bien*. Mais, se disent ces bons chrestiens, tous ces combats ne sont nullement saincts ny chrestiens, et deffendus de Dieu. En cela pour n’estre bon théologien, je ne prends point la parolle, mais pourtant David et Golliat combattirent ensemble', et Dieu en aprouva le combat; nos duellistes italiens disent que ces combats sont justes, et ce qui est juste n’est point désaprouvé de Dieu. Les 'grands sénateurs de nos roys les ont bien ordonnez d’autresfois, tesmoingt celluy de Carouge que j’ay dict*, et force autres.

Force combats se sont faits d’autresfois aux terres de l’Esglise, comme je l’ay veu la première fois que je fus jamais en Italie, le pape les sçachant, voire leur accordant; et les seurrettez y estoient plus grandes qu’aux autres terres. Cela y a esté commun, mesmes qu’ils en ont ordonné plusieurs combats parmy des grands, comme celluy du roy Charles d’Anjou, et d’Alphonce, roy d’Aragon, si bien que le pape en excommunia le roy d’Aragon; je ne sçay si c’est pour faute de ne s’estre trouvé au lieu assigné.

En sa notice, à sa connaissance; de l’espagnol noticia.

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