‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 198 sur 270 · Strectes, strettes, querelles. — 3. Orion, horion · texte numérisé non relu

Strectes, strettes, querelles. — 3. Orion, horion

DISCOURS

en avoir faict pendre une douzaine, un chascun eut craincte et fut sage, et falut se former à l’estatut de mondict sieur prince, et à vuyder sa querelle par apels, et la démesler sur le pont du Pau, lieu qu’il leur avoit destiné exprès pour cela, où ils alloient d’eux-mesmes par leurs apels, ou luy-mesmes les y envoyoit après qu’il s’estoit failly à les accorder; et là falloit avoir bon pied bon œil, autrement tumber du haut du pont en bas, comm’il arriva à Rodomont et à Rolland, dans l’Arioste1.

M. le mareschal de Brissae, qui vint après luy en ceste charge, en fist de mesmes et l’imita du tout, où de son temps furent faicts de beaux combats. Voilà comment en usoient ces deux grands capitaines; aussi disoit-on de Piedmont alors une escolle de la guerre en toutes façons, et par ainsi vinrent à bout des cerveaux chauds de nos François, lesquels s’attiédirent de cette façon. Sur quoy je concluray avec de grands capitaines, que mieux vaut un petit escandalle qu’un grand, et les combats de deux ou trois sont plus pollitiques que de plusieurs gens ramassez, qui de çà qui de là, comme de bandoliers.

Sainct Louys, Philippes le Bel, le roy Louis X et autres roys, deffendirent le combat à outrance, et l’esdict y est formel en deux lignes, en forme : Nous de {fendons bataille partout en nostre domaine , en toutes querelles. Cela ne s’estoit point publié du temps de Charlemaigne et autres roys de France. Avant conclure, je diray que beaucoup de bons docteurs duellistes n’ont nullement approuvé les combats à la

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