‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 205 sur 270 · Liv. XXVIII, chap. xxi. — 3. Orsua · texte numérisé non relu

Liv. XXVIII, chap. xxi. — 3. Orsua

SUR LES DUELS

Scipion. Nous lisons aussi dans le mesme Tite-Live1 2 3, d’un combat qui se fit devant Capoue, d’un Jubellius, Capouan, et d’un Asellus, Romain, à la veue des deux camps, et se déifièrent par le congé de leurs généraux. Là mesme se lit aussi* un beau defFy et combat d’un autre Capouan, nomme Ëadius, contre un Romain, nommé Quintius Crispinus, et fust plustost de gayetté de cœur que pour autre subject; car ils avoient estez paradvant fort grands amis, et le Romain alla au combat mal volluntiers, pour cela, disant et s'excusant qu’ils avoient et l’un et l’autre assez d’ennemys dans leurs camps pour s’entrebattre et s’entretuer, sans qu’il fallust qu’eux deux vinssent là. Le Capouan le bravant fort en l’outrageant, et l’appellant poltron et sans cœur, enfin le Romain poussé des siens, qui luy remonstrèrent l’infamie qu’il encouroit, ayant demandé congé à son général, luy bailla un coup de lance à l’espaule qu’il luy perça de part en part, et le voulant achever et mettant pied en terre, l’autre le prévint et se sauva à la fuitte tout à pied. Mais de combat de Romain à Romain, on n’en treuve guières, ou point. Vous trouvez bien dans la vie de Sertorius en Plutarque*, comment il deffia Metellus eu Espaigne, de sa personne à la sienne, et que leurs soldats tant d’une part que d’autre le trouvèrent fort bon de capitaine à capitaine, et de Romain à Romain ; possible ce que Metellus reflusa, tant pour ce qu’il estoit fort vieux

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