Vie de Sertorius, chap. xvn
Vi — 26
DISCOURS
cl cassé, et Sertorius en la fleur et verdeur de son aage, et aussi qu’il falloit qu’un capitaine (disoit Theofrastus) mourust en capitaine, non pas en simple soldat. Les soldats pourtant s’en mocquèrent bien fort, et luy n’en fit que rire. Tout cela estoit bon, mais pourtant faut noter que bien que ce fust Romain contre Romain, ils tenoient divers partis, et l’un n’estoit censé plus Romain, mais ennemy des Romains. Tant y a qu’en quelque façon que ce fust, Metellus ne voulut point combattre ainsi. De Romain, peu s’en treuve t’il de ces combats. Et en cas qu’il ne soit vray, nous en avons un très-beau exemple, qui nous le monstre dans les Commentaires de Cæsar', d’un Pulfio et Varennus, lesquels estoient en picque perpétuelle sur le poinct de l’honneur (cela s’appelle à qui mieux fairoit, et à qui précéderoit son compaignon à la guerre), ne failloient tous les ans » d’avoir de grosses disputes et grosses querelles touchant cela. Sur quoy un jour l’occasion s’appresta très-belle pour eux en un combat que firent les Romains contre les François, qui les tenoient assiégez soubs la charge du jeune Cicéron, plus vaillant certes que le père*; et l’un de ceux-cy qui estoit Pulfio, cependant qu’on estoit au plus fort du combat sur le haut du rempart, dist à Varennus : a A quoy songes- « tu, Varennus? quelle plus belle occasion attends-tu a de faire preuve de ta vertu? ce jour icy décidera « de nos différons. » Ce disant se jette hors de 1a