Voyez Plutarque, Fie d Antoine, ch. nxxix
SUR LES DUELS
son oncle et son brave prédécesseur, n’eust pas ainsi respondu, mais l’eust bien pris aussitost au mot. Pour en parler aussi franchement. Octave, encore que la fortune luy dist estre le monarque de tout le monde, n’estoit pas vaillant de sa personne, ainsi qu’il le monstra en la bataille de Philippes, comme très-bien Marc-Antoine le luy sçavoit reprocher. Or bien je pardonne à Octave, puis qu’il n’estoit si vaillant, ny le cœur luy bastoit pour venir jusques-Ià, ou bien que l’usance n’en estoit telle parmy les grands à Rome, puisqu’elle n’estoit parmy les petits, ou bien qu’il estoit mieux asseuré de son faict, et qu’il auroit bien raison de son homme autrement, que sans venir là et hazarder sa vie à la fortune d’un’espée variable et inconstante, ainsi qu’il lui arriva.
Mais s’il faut pardonner à Octave, il ne faut pardonner au dauphin de Viennois Humbert, lequel ayant faict paix avec le comte Aymé de Savoye * et puis voyant son bon, la vint rompre, sans que le comte y pensast. Dont ledict comte fasché, soudain luy despescha un roy d’armes dict Savoye ; par lequel il luy envoya un cartel, contenant en somme qu’il estoit un vray infracteur de paix, et que laschement il avoit en son absence envahy ses terres contre son serment, et à ceste occasion qu’il le dedioit corps à corps, ou puissance contre puissance, et qu’il l’estimoit si grand prince qu’il sortiroit au combat en camp-clos pour soubslenir son honneur; autrement il le réputoit lasche et meschant. Le Dauphin ne fit autre responce à de cartel, sinon qu’il dist de bouche au