‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 210 sur 270 · Qu'il ny faudroit, qu’il n’y manquerait · texte numérisé non relu

Qu'il ny faudroit, qu’il n’y manquerait

SUR LES DUELS

de toutes choses qu’ils avoient pâty là devant, et menacez aussi du grand secours qui leur venoit à dos, ils envoyèrent Pierre l’Hermite vers ledict Corbane, pour luy remonstrer et faire trouver bon de la part de tous les princes chrestiens qui estoient là, que s'il vouloit mettre quelqu’un de ses capitaines en campclos, ils en mettroient un autre, pour là débattre et vuyder leur différent. S’ils en vouloient mettre davantage ils en mettroient davantage, sinon, armée contre armée, et en lieu pareil. Mais Corbane, rusé, respondit que c’estoit au vainqueur de donner les conditions et faire les loix; que puis que les chrestiens ne cognoissaient pas encore leur malheur, ou faignoient ne le cognoistre, ils n’auroient jà de luy ceste faveur de choisir la mort dont ils voudroient mourir. (Beau mot certes.) Quant aux princes, il les envoyeroit à l’empereur des Perses tous prisonniers ; quant aux simples soldats, il les fairoit esclaves, ou les tailleroit en pièces, ainsi qu’il verroit, comme un arbre malheureux qui ne porte point de fruict. Quelle sentence, si elle eust sorty à effect ! mais les chrétiens par la grâce de Dieu, emportèrent la ville. Paulo- Æmille raconte cette histoire1 2.

Meshuy il est temps de faire une fin, mais pourtant qui voudrait rendre ce discours parfaiet, il faudrait dire et discourir à sçavoir-mon si toutes gens doivent estre receus aux combats et estaquades, et mesmes les vassaux et subjeets contre leurs seigneurs? A quoy les docteurs duellistes qui en ont escrit’, disent que si

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