‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 213 sur 270 · j Despit, dépité · texte numérisé non relu

j Despit, dépité

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par trop, que de vouloir se battre contre un qui n’avoit pas trois jours qu'il n’estoit que son simple soldat, sa créature, et faict capitaine nouveau, encore de gayeté de cœur et sans subject. A quoy ne vouloit entendre le capitaine Bourdeille, car il estoit un jeune homme escabroux1, vieux capitaine pourtant. Mais enfin il fut tant persuadé des grands et vieux capitaines de par-de-là, et de ses compagnons, de se contenter que ledict capitaine Tripaudière luy fist une fort grande soubmission, et luy requérant fort ses bonnes grâces et amitié, à quoy il s’accorda; mais jamais il ne l’ayma plus et en fit peu de compte, car il estoit ennemy d’un ingrat.

Un peu avant ce différend, il en estoit arrivé un entre le capitaine la Chasse, provençal, vieux capitaine et gentilhomme de bonne part, et le capitaine Riolas vieux capitaine aussi, que j’ay veu suivre feu M. de Guise le Grand, et mourut à l’assaut du siège de Rouan* près de luy. Quand ce fut pour les accorder, il y eut grande dispute, bien qu’ils fussent tous deux esgaux capitaines , en valleur et honneur et expérience, mais le capitaine la Chasse se disoit gentilhomme, et avoir ce poinct par dessus Riolas, à quoy M. le mareschal et autres grands capitaines eurent de l’esgard.

J’espère en mon second livre’ parler de plusieurs accords de querelles que j’ay veu faire et ouy dire,

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