Le choix des armes. — 3. Desnoué, demis
SUR LES DUELS
rebuttez de leurs excuses. Autrement est-il aux camps solemnels, tesmoing celuy de M. de Bayard, au conte que j’ay dict cy-devant de luy'. Tant d’autres exemples alléguerois-je sur cette eslection d’armes en ces appels que aucuns veulent faire ressembler aux camps solemnels, qui est un abus; car il n’y a nulle conjonction ny ressemblance en cela : et voilà pourquoy ces camps solemnels sont plus à estimer que les autres d’appel, comme ont dict les grands docteurs duellistes, d’autant qu’ils se font par loix, statuts, ordonnances, reiglemens, anciennes coustumes, tant par les juges, mareschaux de camp, parrains et confidans, et autres grands personnages de guerre, et anciens docteurs qui les ont ordonnez, réformez et policez. Encore que je ne me veuille destourner de mon dire, qu’il y a abus aussi bien aux uns qu’aux autres, mais en l’un plus qu’en l’autre, pourtant il faut tout remettre à la raison, selon laquelle on se doit reigler, et par ce on ne faillira point. J’eusse faict ce discours bien plus long sur cette dispute d’eslection d’armes, et en eusse allégué force autres raisons et exemples, mais je n’aurois jamais faict. Il faut donner la plume à ceux qui peuvent mieux escrire que moy, et tout ainsi que je parle de l’eslection des armes, il faut aussi entendre de mesmes de l’eslection des lieux pour se battre ; car il y en a de suspects ausquels faut bien adviser pour les eslire.
Or faisons fin, encore que j’aye un champ trèsample pour le semer de plusieurs belles disputes, raisons, questions, exemples, contes, histoires, mais