Il, le marquis de Pescaire
DISCOURS
denesse, qu’au bout de quelque temps l’admirai Bonnivet se retirant de Lombardie, mal mené et en désordre et confusion, pour estre suivy de près de l’armée espaignolle, où commandoit ledit sieur marquis, fut chargé fort rudement à Romagnano, où la routte de nos gens fut telle, qu’il en fut tué beaucoup, entre autres M. de Vandenesse estant sur la queue et faisant la retraite, d’une grand’ harquebusade qu’il eut dans l'espaulle; dont ledit marquis en fut si désollé et fasché, ainsi que dict un roman espaignol, qui descrit sa vie, que maugréant le ciel, il disoit souvent en sa langue espaignolle : « Porque le parescia que este hombre que era a el parlicular enemigo havia sida quitado del delà jr de la Forluna a su triumpho, y a su gloria esperanda , porque siendo y a antes desafiado desseava estremamente verse con el en pelea particular por dur fin a su querella por su gran honra ! '» Qui est en françois : « Que la Fortune et le ciel avoient faict grand tort de luy avoir osté cet homme, lequel estant son particulier ennemv, avoit esté destiné pour son triumphe et sa gloire espérée, d’autant que paravant ayant esté déifié de luy, il desiroit fort entrer en camp avec luy, pour terminer sa querelle avec son honneur. » Pesez tous ces mots, et voyez quelle superbeté et rodomontade espaignolle.
Il me semble que j’oys encor Octave Cæsar sur la mort de Cléopâtre, pour ne pas l’avoir sceu mener en triumphe à Rome ' , ou bien ( pour venir
1. Voyez Vallès, P 102, v°. Brantôme a ajouté au texte quelques mots et, entre autres, les quatre derniers.