Gauville dont il est question plus haut p
4. Guillaume de Hautemer, seigneur de Fer vaques, maréchal de France (1595).
DISCOURS
tendre qu’ils estoient venus là pour le servir, et aussi pour apeller en estaquade deux gentilshommes françois, qui estoient au camp de Monsieur, party contraire : qu’estoient MM. de Bussy et Fervaques; supliant Son Altesse leur permettre le camp, et leur donner licence d’y envoyer un trompette pour les y apeller. Dom Joan leur permit librement, et avec grand aise, pour avoir par là quelque petit subject de quelque affront à M. d’Alançon, ou à ses gentilshommes, et mcsmes estans fort ses favoris. Estant venu le trompette et ayant faict sa charge, soudain il fut pris au mot, ce qu’estant venu à la cognoissance de Monsieur, despesche le trompette, et mande par luy à Dom Joan que la partie estoit par trop belle, pour permettre qu’elle se fist sans luy, et qu’il en vouloit estre, et que si Dom Joan y vouloit venir, qu’il feroit le tiers, et qu’ils advisassent le lieu, le jour et l’heure , et qu’il seroit tousjours prest, si que possible par là pourroient desmesler et déterminer, non pas une simple querelle ny petits différens, mais oster toute occasion d’estaindre une grand’ guerre, qui s’alloit enflammer. Dom Joan, qui ne s’estoit attendu nullement, ny proposé, ny advisé qu’on en vint là, fut un peu esbahy pour le commencement, voyant une telle conséquence advenu’. Toutesfois comme brave, vaillant et généreux, et comme fils de père, accepte le deffy et se résoult de se trouver à l’assignation. Mais ces grands capitaines qui estoient près de luy, compassans très-bien toutes choses, comme ils en sont maistres, mesmes les soldats espaignols qui en commençoient faire rumeur et à se mutiner, ne voulurent jamais permettre que leur général, pour
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un certain petit et léger poinct d’honneur, s’allast ainsi perdre, et tout un estât; car si cela avoit lieu, il n’y a général qui ne fust ainsi souvent défilé, et auroit plus de peine à respondre à ces cartels de gens que l’on supposeroit exprès, que non pas à faire le deub de leur charge. Parquoy il fut arresté et retenu par les siens, quelque instance qu’il fist de sortir. Par ainsi telle entreprise fut rompue. En quoy les Espaignols furent fort mal contens de ces deux gentilshommes deffians qui estoient là venus dans leur camp par leurs deffis brouiller leurs belles ordonnances et pollices de guerre.
Nous avons un frais exemple en ces dernières guerres, de M. d’Espernon et du sieur d’Aubeterre *, reprennant les erres du capitaine Maumont, qui simple capitaine qu’il estoit avoit deffié mondict sieur d’Espernon , ce qui estoit une grande dérision , mais aussi la paya-il bien comm’il la méritoit, et bien employé. Un simple capitaine piéton aller defiier un co- Jonnel, tout le monde luy devoit courir assus *. M. d’Espernon estant au service du roy son maistre en France, lorsqu’il mourut à SainctClou*, le sieur d’Aubeterre ayant quitté le party du roy, qui luy avoit faict tant de biens, et pris celluy de la Ligue, ne pouvant prendre le gros gibier des villes d’Angoullesme, Cognac et Xaintes, y ayant faict souvent entreprises, s’alla jetter sur le menu, et fit surprendre par son
1. David Bouchard, vicomte d’Aubeterre, mari de Renée de BourdeiUe, nièce de Brantôme.