‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 221 sur 270 · Lorsqu'il, lorsque Henri III · texte numérisé non relu

Lorsqu'il, lorsque Henri III

DISCOURS

frère le baron le chasteau de Villebois, qui estoit à Mme la marquise de Mézières sa tante, qui l’avoit veu trois jours auparavant, avec plusieurs offres de services, et faict son frère le baron, gardien de ccste place; par le moyen de laquelle il faict la guerre au gouvernement de M. d’Espernon, d’Angoumois et Xaintonge, et les ravage fort. M. d’Espernon absent, tourné après la mort du roy, il voulut nettoyer son gouvernement de tels ravageurs et r’avoir sa place, et tente les moyens ordinaires et premiers, par sommation de trompette ; mais n’y voulurent entendre. Parquoy les va assiéger avec un fort beau appareil et attirail d’artillerie, et non point de petit compaignon, mais digne d’un grand seigneur comme luy. Sur ces entrefaictes ledict Aubeterre envoyé un cartel à M. d’Espernon pour l’apeller au combat. Mais M. d’Espernon en peu de mots luy respond ainsi : « Je m’en vais pour le service du roy où ma charge « m’apelle : ayant faict là, je parlerai à vous. Cepen- « dant je suis fort homme de bien et d’honneur, et a quiconque voudra dire du contraire en aura menty.» Et sur ce point part avec ses troupes et va faire son siège de Villebois, le prend en moins de huict jours, contre toute l’espérance de tout le monde, qui croyoit que d’un mois ne le prendroit, et ce à la barbe dudit sieur d’Aubeterre, qui estoit dans son chasteau d’Aubeterre retiré avecques ses gens, sans donner une seule allarme au camp de M. d’Espernon, qui n’estoit pas si grand, ny si bien gardé, qu’il ne dcubst estre un peu esveillé et fatigué, et ne secourut nulle-

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