Voyez plus haut, p. 35 et
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paignie de gens d’armes de M. d’Anebaut qui mourut à la bataille de Dreux). ■ — « Si vous les avez, resk pondit Lignerolles, gardez-les bien; elles vous font « bien besoing; quant à moy, je n’en perds que « l’attente d’en avoir autant, car je les mérite fort « bien. Il n’y a qu’un an ou deux que vous estiez « guidon de M. le mareschal de Sainct André, et moy « de M. de Nemours, et le suis encore, dont je m’en « sens autant honoré que vous pensez estre de vos « grades; et si la faveur vous a gaigné le temps, il « ne me peut guières tarder, » comme de vray cela luy arriva, car il eut toutes ces charges. Force autres choses se disrent-ils, mais voilà les principales; si que je croy qu’ils se fussent battus (sans que nous arrivasmes le baron de Vantenat et moy qui allions au lever du roy, et les en gardasmes), bien qu’il fust esté faict un bandon général et rigoureux sur la vie de ne mettre la main à l’espée, à cause de l’honorable assemblée. Le roy sceut le tout, qui commanda à M. le connestable de les accorder, lequel trouva, à ce qu’ouys dire, que Lignerolles avoit fort bien desmeslé ses comparaisons, et en homme qui sçavoit dire et faire. Il y eut puis après le sieur d’Auteffort l’aisné qui voulut avoir aussi sa revanche à son tour, lequel avoit esté faict chevallier de l’ordre, de frais, à Toulouse , par quoy il envoya appeller Lignerolles hors de la ville par M. de la Gastine très-brave gentilhomme, lieutenant de M. de Longueville; à quoy ne faillit Lignerolles, ayant pour son second Nanzay despuis capitaine des gardes’. S’estans ac-
I . Gaspard de la Châtre, seigneur de Nanray, mort le 20 novembre 1576.
SUR LES DUELS
costez, ils se retirèrent à part, et les seconds à part aussi : on ne seait qu’ils dirent, sinon qu’on les vit despartir sans se battre, et quasi comme amis, dont plusieurs en murmurèrent; car ces appels ne se doivent jamais despartir sans en venir aux mains, et falloit, comme j’ay dict, vaincre ou mourir, ainsi que la coustume à Naples y estoit formelle et s’est ainsi fort pratiquée.
Du règne de nostre dernier roy Henry HI, fut faict un combat à Paris, en l’isle de Louviers, entre M. de Sourdiac, dict le jeune Chasteauneuf *, de la maison de Rieux en Bretaigne, et M. de la Chasnaye-Railler* du pays d’Anjou, oncle de la femme dudict sieur de Sourdiac, de la maison de Bourg-l’Evesque , que ledit sieur de Sourdiac avoit nouvellement espousée, se doulant de quelques propos que je ne diray point, que prétendoit ledict sieur de Sourdiac de la Chasnaye avoir dict, et pour ce l’envoya appeller en ladicte isle, où estant, ledict sieur de Sourdiac luy demanda s’il avoit dict tels propos. L’autre luy respondit que sur la foy de gentilhomme et d’homme de bien, il ne les avoit jamais dicts. « Je suis doncques content, » réplicqua le sieur de Sourdiac. — « Non pas moy, » réplicqua l’autre, « car puisque vous m’avez donné « la peine de venir icy, je me veux battre; et que « diront de nous tant de gens assemblez d’un costé « et d’autre deçà et delà l’eau, d’estre icy venus pour
t. René de Rieux, seigneur de Châteauneuf et de Sourdéac. Voyez plus haut p. 63, note 3. Il avait épouse Suzanne de Saint- Melaine , dame de Bourg- L’Evêque , fille de Jean de Bourg- I/Evêque et de Renée d'Andigné.