La Chenaie-Raillé. Il y a à tort Nailler dans le texte
mscouits
« parler et non pour se battre? Il y iroit trop de « nostre honneur : çà battons-nous. » Eux s’estans donc mis en présence avec l’espée et la dague, se tirèrent force coups advant se blesser; aucuns disoient que ledict sieur de Sourdiac estoit armé1, et mesmes qu’aucuns ouyrent ledit la Cliasnaye crier haut : « ab ! « paillard, tu ez armé, » ainsi qu’il l’avoit tasté d’un grand coup qu’il luy avoit tiré au corps; « ah ! je « t’auray bien autrement, » et se mit à luv tirer à la teste et à la gorge à laquelle il luy donna un grand coup à costé, qu’il ne faillit rien qu’il ne luy coupast le sifflet; dont ledict Sourdiac ne s’estonna nullement, ains redoublant son courage, luy tira une grande estocade au corps et le tua. De dire qu’il fust armé, je ne le puis croire; car je l’ay tousjours cogneu brave et vaillant, les armes bien en la main, et l’honneur en recommandation pour faire telle supercherie, et bien luy servit de bien faire et bien parer les.coups; car ledict sieur de Sourdiac, qui estoit mon grand amv, me le conta quelque temps après ce combat, me jurant n’avoir jamais veu un si brave, et vaillant, et rude homme que celuy-là, comme de vray il l’avoit bien monstré en plusieurs guerres de Piedmont et de France, et estimé fort mauvais garçon. Encore le monstra-il en ce combat, car il avoit quatre-vingts* ans lorsqu’il y vint et mourut. Ainsi à belle vie belle mort , qu’il faut fort estimer, et surtout aussi son brave cœur et son ambition de n’estre voulu partir