Mort en 1337. — k. Jean XXII
SUR LES DUELS. • 455
bert estoit très-brave et vaillant comm’il l’avoit monstre en plusieurs beaux cxploicts, et que de frais il ne faisoit que de venir soutenir le siège de Gènes, où l’espace de sept ou huict mois durant, y estant enfermé, tous les jours se rendoit sur les murailles en personne, l’espée au poing, et làcombattoit ordinairement, vaillamment à repousser les ennemis; dont despuis estant sorty, prit terre à Savone et les delïit. Tant y a qu’il eust peu faire belle peur à ce Frédéric s’ils se fussent affrontez, outre qu’il estoit un trèshomme de bien et de dévoetion, et que Dieu fust esté pour luy. De plus, il estoit du noble sang de France, qui ne mentit jamais en telles bonnes occasions. C’est ce brave Robert, qui fut grand père de ceste braVe et belle reyne Jeanne Ir\ la merveille de son temps, en toutes choses : j’en parle en son discours que j’av faict d’elle.
Voilà aucuns deffvs qui se sont veus et présentez de grand à grand, le temps jadis, et ainsi aussi que nous en avons un assez frais , au temps de nos pères, du grand roy François et de l’empereur Charles1, lesquels après s’estre longuement outragez de parolles et desmentys par hérautx et cartels, se deflièrent au combat; mais ils n’y peurent jamais parvenir pour la difficulté et controverse qu’ils eurent du lieu et des armes. L’empereur Charles ( disent nos histoires et nos pères) disoit à soy appartenir l’eslection du lieu, comme se disant provocquant et assaillant, et pource en pleine assemblée du pape, de son saint Collège et de force ambassadeurs, mesmes de ceux du roy, en