‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 235 sur 270 · En 1536. — 2. Anne de Montmorency · texte numérisé non relu

En 1536. — 2. Anne de Montmorency

DISCOURS

bataille, et possible pour se battre main à main contre lui, si que l’empereur ne s’en fust pas mieux trouvé; car le roy avoit faict d’autres expertises d’armes sans s’espargner, ny estre espargné nullement, aux batailles de Marignan et de Pavye, tant signallées, ce que n’avoit faict l’empereur encore, ce qu’il m’advoua; et pour conclusion, il ne me sceut que respondre que son maistre estoit encore jeune, et qu’avec le temps il pourrait faire d’aussi beaux miracles de sa main, que le roy, qui estoit beaucoup plus vieux que luy*.

Il fust esté bien aussi bon sans venir au sang, que ces deux grands princes eussent faict comme firent jadis nostre grand roy Plnlippes Auguste et Richard, roy d’Angleterre, qu’on nommoit Cœur de Lion, grands ennemis l’un de l’autre, qui traiclèrent la paix au Guet d’Amours (gentil nom certes), où s’estoient assignez journée et battaille, entre Bourdedieu* et Chasteauroux , qui advint fort miraculeusement; car comm’ils estoient prests pour affronter leurs battailles d’une part et d’autre, les deux roys par le moyen d’un cardinal firent faire aile à leurs armées, loing d’un traict d’arc ou plus, par convention faicte, parlèrent ensemble en ce dict guet, où il y avoit un grand oumeau* entre lesdicts deux roys, et comm’ils s’entreparloient sortit dudict oumeau un grand et gros serpent, horrible, et levant la teste, et sifflant contre ces deux roys, lesquels pour le tuer tirèrent

t . Brantôme a laissé ici sa plume commettre un singulier lapsus; car, quand il alla en Sicile en 1566, François I" était mort depuis dix-neuf ans, et Charles-Quint depuis neuf.

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