‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 244 sur 270 · Bussy. — 2. Voyez tome IV, p · texte numérisé non relu

Bussy. — 2. Voyez tome IV, p

3. Brantôme a déjà parlé de ce fait, mais avec moins de détails, dans sa notice sur le comte Guillaume de Furstem-

SUR LES DUELS

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qui estoit en sa cour et son pentionnaire, et avoit dellibéré de le tuer, ne s’esmeut autrement; mais un jour , allant à la chasse, prist la meilleure espée qui fust en sa garderobe et mena avec luy ledict comte, et luy ayant commandé de le suivre et de près, et après avoir couru le cerf quelque temps, voyant le roy que ses agents estoient loingde luy fors le comte, se destourna de son chemin, et quand il se veid avec le comte au plus proffond de la forest seul, en tirant son espée luy dit: «Vous semble-t-il,

« que ceste épée soit belle et bonne? » Le comte la maignant1 par la poincte et le bout, dist qu’il n’en avoit veu jamais une meilleure ny plus tranchante.

« Vous avez raison dist le roy, et me semble que si « un gentilhomme avoit entrepris de me tuer, et « qu’il eust cogneu la force de mon bras, la bonté de « mon cœur, accompaigné de ceste espée, il pense- « roit deux fois de m’assaillir ; toutefois je le tiendrois « pour fort poltron, si nous étions seuls sans tes- « moingts s’il n’osoit exécuter ce qu’il auroit délibéré « de faire. » Le comte luy respondict avec un visage fort estonné: «Sire, la meschanceté de l’entreprise « seroit bien grande; mais la follie de la vouloir « exécuter ne seroit pas moindre. » Il faut bien peser ceste responce qui est belle. Le roy, se prenant à rire, remet l’espée au fourreau, et eseotistant la chasse qui estoit près de luy, la suivit. Le lendemain, le comte voyant qu’il estoit descouvert, et impossible d’atta-

berg. (Voyez t. I, p. 350.) Il a pris ici à peu près textuellement son récit dans la XVII' Nouvelle de Marguerite de Navarre.

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