‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 245 sur 270 · I. Maignant, maniant · texte numérisé non relu

I. Maignant, maniant

DISCOURS

quer un si brave roy, prend congé du roy sur quelque subject et s’en retourne en son pays. Je dirois voluntiers sur ces deux contes avec l’Arioste :

O gran bonta di principi nostri.

S’aller perdre dans les bois et forests, et là sans tesmoingts se vouloir battre, laissans leurs grandeurs aux orées' !

Le roy Henry III estant encor jeune, toutesfois desja fort renommé de ses victoires des batailles de Jarnac et Montcontour, eslanlà Bloys, lors de l’accord du mariage de Madame sa sœur et du roy de Navarre*, il fut suplié par le jeune Nansay, dict Besigny*, deluy faire accorder quelque don au roy, et au conseil, qu’il lui demandoit. Cequ’illuypromits’il se pouvoit, estant lors M. d’Anjou, et lieutenant du roy; mais le conseil trouvant ne se pouvoir faire, M. d’Anjou le dist audict sieur de Besigny qui, fasché d’un tel refus, parce qu’il estoit un peu hautain, dist à Monsieur que, s’il eust voulu, qu’il* se fust bien passé, mais qu’il ne ressembloit pas le roy son frère, qui tenoit fort bien et ferme sa parole et non pas luy. Monsieur, qui estoit lors à table avec le roy, lui respondict en colère : « Besigny, vous m’offencez par trop ; si j’étois « aussi inconsidéré que vous, et sans le respect que « je dois au roy mon frère, je vous donnerois de la « dague dans le corps ; mais je vous advise que vous « me réparerez ceste parole outrageuse de vostre

t . Orée , bord, rivage. — 2. En 1572.

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