Voyez Plutarque, Pie de Marcellus, chap. xlvx
478 ’ DISCOURS
abuser des grades. Voylà en quel honneur sont tenus les chevalliers de chevallerie. Si bien que le roy François ne se voulant contenter d’estre chevallier de l’ordre, il voulut estre chevallier de chevallerie à la bataille des Suisses à Marignan, par les mains de ce brave chevallier M. de Bayard, qui n’estoit que chevallier d’armes et non de l’ordre encor, comm’il le fut après Le roy Henry voulut estre faict chevallier de M. le maresehal du Biez, encor qu’il eust l’ordre; aussi le marquis de Pescayre disoit : Quel nombre de la guerra ganado con virtud verdadera y con hec/ios illustres , era rnuy mas noble y honrado quera el que se ganaba con el juego de la forluna amorosa, 6 d’el sobervio fat’or de los reyes del mundo * « Le nom de la guerre, gaigné par une vraye « vertu et par de nobles faicts, est plus noble et plus « honorable que celuy qui se gaigne par le jeu de « fortune amoureuse, ou par la superbe faveur des « roys du monde. » De telles ou semblables paroles M. le connestable sceut si bien débattre la cause de M. d’Andellot, qu’il la luy sceut gaigner devant le roy, et adviser d’un bon apoinctement.
Sur quoy il me souvient qu’aux premières guerres civilles, lorsque nous prinsmes Bloys sur les huguenots', M. de Randan qui avoit esté nouvellement estably colonnel de l’infanterie de France, en la place de M. d’Andellot, qui en avoit esté démis à cause du party contraire qu’il tenoil et qu’on disoit rebelle, pour cela vint à avoir querelle avec M. de