‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 249 sur 270 · Louis de la Trémoille · texte numérisé non relu

Louis de la Trémoille

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DISCOURS

Dieu, lequel en son jeune âge et en sa fureur, vint à faire desplaisir à ce gentilhomme dans la salle du roy. Le gentilhomme luy dist seulement : a Monte sieur, vous me faites tort; je suis gentilhomme a d’honneur; je vous jure qu’advant qu’il soit un « an, j’en auray ma raison. » M. de la Trimouille luy respondit : « Alors comme alors, cependant je vous verray venir. » L’an se parachève et vient à cstre révollu tout entier, fors le dernier jour, qu’ainsi que le soir qu’il estoit en la chambre du roy à son coucher, qu’aucuns de ses compaignons, jeunes gens comme luy, luy faisoicnt la guerre de son homme : « Ha! dit-il, l’an est passé; il n’a pas esté si mauvais « comme il a dict : je m’en vais coucher, » et sortant hors du logis du roy, ainsi qu’il estoit seid avec son page, contre une muraille à pisser, voycy venir le gentilhomme qui luy persa son manteau de sa dague en deux ou trois endroits, et luy dist : « Mon- * sieur, il ne tient qu’à moy que je ne vous en face « autant à travers le corps; il me suffit de cecy, et « vous avoir monstré que je suis homme de bien et « d’honneur, » et delà s’en partit.

Le gentilhomme fut plus discret, ou non si résolu (pour mieux dire) vangeur, que ne fut un soldat du capitaine Briagne, un de ces ans, lorsque les premiers estats se rendirent à Bloys'. Ce soldat avoit esté audict Briagne et l’avoit quitté, et le trouvant le soir en la salle du bal, ainsi que l’on dansoit, ledict Briagne le voyant luy dist : « Ah ! vous voicy, gallant; « remerciez le lieu où vous estes; mais assurez-vous

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