‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 255 sur 270 · Averlant, compagnon, vaurien · texte numérisé non relu

Averlant, compagnon, vaurien

SUR UES DUELS

pour le subject pour lequel je l’ay allégué, que pour autres.

Avant que faire fin , je diray encore ce mot : que feu M. de Montpensier le bonhomme dernier mort, dict Louys, a esté un prince qui en ses colères a esté fort subject à gourmander et offenser les personnes; aussi n’avoit-il en luy autre syl que celuy-là, car c’estoit un prince brave, vaillant, magnanime et très-bon chrestien conme son patron le roy Sainct Louys qu’il vouloit imiter en tout. Aux troisièmes troubles, il gourmanda et brava fort, de paroles seulement pourtant, feu M. d’Auzances, le soubçonnant de la religion. C’esloit à Mirebeau, aux troisièmes guerres, où pourtant il servoit bien le roy en son armée. Plusieurs en blasmèrent ledict prince, car M. d’Auzances estoit gentilhomme d’une grande maison, et de cette grande de Montberon, l’une des grandes et antiques de la Guyenne, llavoit esté lieutenant de roy dans Metz où dignement et très-sagement s’en estoit acquitté; et estant là venu pour servir son roy, il ne le devoit ainsi traicter de rudes paroles, bien qu’il fust suspect de la religion; et pour ce force honnestes gens s’en escandalisèrent. Je sçay bien ce que j’en vis dire à M. de Biron, et de grande colère parler haut et bravement, jusques prest à venir à l’eflect; je sçay ce qu’il m’en dict, et la menée qu’il en trasmoit, car M. d’Auzances estoit son parent prosche à cause de la maison de Bourdeille et de Montberon, tous bons parens et alliez, et bons amys. Ledict M. de Montpensier en eut le vent; qui

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