Garbouil , querelle,, grabuge
COURONNELS FRANÇOIS. 9
nommé. Le capitaine Hortoian avoit gaigné M. le connestable, et luy avoit desjà remonstré l’authorité qu’il avoit. M. le connestable, qui n’ignoroit rien du faict de la guerre, ordonna que le sergent-majour, selon son authorité et coustume, prendroit le mot du roy et le donneroit aux capitaines, et leur commanderoit leurs ordres, leurs gardes, leurs guetz et leurs charges; sans pourtant s’extravaguer nullement du devoir de sa charge. Qui furent estonnez? ce furent les capitaines, de ceste sentence de M. le connestable; et, pour ce, eurent recours d’envoyer ledict Sarriou luy-mesme en poste vers M. d’Estrozze, pour l’attrapper en chemin et luy dire tout le succez.
Nous n’estions qu’à la Pallice1, que sur la minuict nous ouysmes le huchet du postillon, qui nous esveilla soudain M. d’Estrozze et moy, qui estions couchez ensemble. Ce ‘fut le capitaine Sarriou, que nous vismes en la chambre arriver, qui fit le discours à M. d’Estrozze de tout ce qui s’étoit passé. Qui fut despité? ce fut M. d’Estrozze, et mesmes de quoy M. le connestable luy estoit allé deffaire tout ce qu’il avoit faict. Par quoy, tout en collère , escrit au roy et à b reyne, et à M. le connestable, toutes ses raisons, et surtout qu’il quictoit sa charge, si on ne tenoit pour faict ce qu’il avoit si bien ordonné avant que partir. Ses dires et ses raisons ouyes de Iæuts Majestés et de M. le connestable, M. d’Estrozze fut creu, et obéy pour ce coup , et le capitaine Sarriou arresté en la charge que luy avoit commis M. d’Es-