Le talent, la valeur, le rapport
voulunté, les sarroit aux garnisons, faisoit des loix comm’ il vouloit nouvelles, observoit les vieilles ainsi qu’il voyoit luy eslre utiles; lit ériger cet estât en officier de la couronne de France , ce qui n’avoit jamais esté faict, et a esté le premier qui fit ce coup. El , qui plus est , il estoit ordinairement mieux accompaigné que le roy mesme, car il avoit à sa suite plus de capitaines en chef, de lieutenans, d’enseignes, de sergens, de capitaines entretenus, de payes réales1. Bref, qu’estoit-il question de voir plus belle suilte et compaignie que d’un tel couronnel, qui le vouloit ainsi et le commandoit expressément.
J’ay ouy dire qu’au camp de Jalon, lorsque le roy François* manda quérir ses vieilles bandes de Piedmont pour faire teste à l’empereur qui vouloit descendre en Champaigne, M. de Taiz vint faire la révérance au roy fort pompeusement, accompaigné de toutes ses bandes et capitaines victorieux, triumphans de ceste mémorable battaille de Cerizolles, où il y en avoit grande quantité; car il y avoit vingtquatre ou vingt- cinq enseignes. Je vous laisse à carculer combien il y pouvoit avoir de capitaines, tant en chef que autres membres et capitaines entretenus; et Dieu sçait quelz hommes, tous cares* de princes, voire de plus. Le roy admira fort ceste trouppe, et dist après : « Foy de gentilhomme! voylà le plus bel a estât de mon royaume , et aussi suffisant pour se •