En
et au lieu de pluye du ciel et gresle, on ne vist que dragée de toutes sortes plouvoir et gresler et tumber dans la salle l’espace d’une demye-heure, et plouvoir amprès toutes sortes d’eau de senteurs, si bonnes, si odoriférantes et si souefves, que la compaignie en demeura en toute admiration d’une telle représentation et artifice si splandide.
Le roy Edouard s’en tint extrêmement obligé à luy. Aussi l’aymoit-il autant ou plus que seigneur de son royaume ; et le gouvernoit 1 2 comm’ il vouloit ; et luy donna ample liberté, sans aucun esgard de sa subjection d’ostage, de se pourmener par tout son royaume comm’ il luy plaisoit, voire jusques en Escosse, et aux fins fondz des sauvages, et fut par-tout recuilly comm’ un roy, admiré et aymé de tout le monde, tant il avoit l’esprit, la façon et la grâce pour sçavoir s’entretenir avec toutes manières de gens; car, estant parmy ces sauvages escossois, comme j’ay dict, il se lit aymer d’eux qu’il les gouvernoit comm’ il vouloit.
Ilz luy dressarent un jour une chasse généralle de bestes rousses et fauves, où ilz en prindrent si grande quantité que c’estoit une chose très-estrange. Et, ce qui plus sauvage estoit, comme je le tiens de M. de Montmorancy ’, qui vit encor, qui le tenoit de mondict sieur le vidasme son grand amy et confédéré, et nous le dist en Escosse, c’est qu’après la chasse ilz firent un festin de la moytié de leur chasse, et la mangearent sans cuyre, avec du pain ; et toute crue,