‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 48 sur 270 · Henri I", duc de Montmorency · texte numérisé non relu

Henri I", duc de Montmorency

et n’avoient seulement que de petitz bastons de coudre *, ou autre bois, et en pressoient fort la chair, d’où en faisoient sortir le sang, et en rendoient la chair si seiche, que parmy eux c’estoit un très-grand manger; et en conviarent M. le vidasme, qui en gousta et mangea un peu pour leur plaire, dont ilz luy en sceurent très-bon gré, et l’aymoient tous infiniment. Aussi, partout où il passoit, il laissoit de très-grandes marques de sa libérallité et magniflicence, lesquelles, si je voulois toutes descrire par le menu, je n’aurois jamais faict; comme celles qu’il a employé en la court de ses roys en habitz, en pompes, en combatz, en tournois, enfin en toutes gentillesses où les braves et gallans courtizans sçavent despendre.

Pour quant à la guerre, il faut demander à ceux qui ont veu ses compaignies, car il y en a encor d’assez vivans, quelles sont estées, tant ses compaignies de gens-d 'armes que de chevaux-légers, de gens de pied que de cornette de général, comm’ il a esté; ainsi qu’après je le diray, combien il les faisoit beau voir. S’il y avoil quelque gallant homme en France, il faloit qu’il l’eust, fust ou pour combattre ou pour embellir ses trouppes. Il aymoit fort, pour ses couleurs en ses trouppes et pour luy, le verd, et l’a bien fort faict valloir. On a voulu dire qu’il l’a aymé, chéry, et porté pour l’amour d’une plus que trèsgrande dame’; laquelle l’a tousjours aymé et porté jusqu’au jour de sa viduité, et donnoit-on alors à ce seigneur réputation de la servir; mais sur la fin il s’en trouva mal. .

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