François et non René
COURONNELS FRANÇOIS. 121
M. le vidasme, concevant en soy oc qu’ a esté despuis , se rendit oyzeux ’, et d’autant plus qu’on l’avoit veu autresfois gentil, gallant, courtisan et n’aymant rien tant que la court, il s’en retira après la mort du roy Henry son maistre; et estant en oysivetté, on conjectura que, grand homme qu’il estoit, ne pouvoit ainsi demeurer coy, sans projecter en son proffond de l’âme quelque chose de grand pour l’advenir. Il fut soubçonné, fust à faux ou à vray, d’avoir sceu quelque chose de la conjuration d’Amboise et d’autres menées qu’il faisoit avec le prince de Condé contre l’Estat, par quoy, le roy François second, estant à Fontainebleau, commanda à un capitaine de scs gardes de l'aller prendre prisonnier à Paris, et le mettre dans la Bastille. Ce fut lorsque feu l’admirai présenta au roy sa requeste pour ceux de la religion, et qu’il dist qu’il parloit de la part de plus de cinquante mill’ hommes, et que ce grand M. de Guyze dist en plein conseil : « Et moy, avec « cent mille hommes, dont j’en seray le chef, je « leur rompray à tous la teste. »
J’estois lors à Fontainebleau; mais je puis assurer que M. de Guyze fut autant marry de la prison de M. le vidasme, qu’aucun qui fust en la court; car je le vis en son souper le louer en toutes sortes de louanges. Aucuns disoient que ce marrisson * ressembloit à celuy de Cæsar quand il vist la teste de Pompée, dont il s’en mit à pleurer. Si l’avoit-il bien servy à son siège de Metz.