‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 52 sur 270 · Marrisson, doléance. Nous avons encore l’adjectif marri · texte numérisé non relu

Marrisson, doléance. Nous avons encore l’adjectif marri

Une très-grande dame1 2 3 fut fort blasmée de ceste prison, qui pourtant autresfois ne luy eust usé de ce tour. Mais qu’y scauroit-on faire? Quand une dame qui a aymé vient à hayr, elle en trouve toutes les invantions du monde pour bien hayr.

Ce seigneur demeura plus de six mois dans la Bastille. Puis, le roy estant mort, il en sortit fort mallade ; dont il en mourut en un logis là auprès *, aussi mal content de ceste dame qu’elle de luy, et en disant prou de mal, non de maltalent * aigre qu’il luy portast, mais d’un jaloux despit, ainsi qu’est le naturel de plusieurs amans, que celle qu’ilz ont aymé esperdument n’ahissent jamais à l’extrémité de l’inimitié de la mort et de la vie, comme l’on dict.

Voylà la fin de ce grand seigneur, qui, pour un des seigneurs mondains de la court, se retira et se reserra si estroictement , que sur la fin de ses jours on n’eust dict jamais de luy que c’estoit ce brave vidasme de Chartres qui avoit esté d’autresfois, et bien changé de ce brave Hector qui avoit tant paru en son monde, et auquel de son temps, ny en la court de son roy, ny de l’empereur, nul n’osa comparoir pour le parangonner, fors M. de Nemours, le non-per pour lors de la chrestienté , qui l’a surpassé en tout ; et s’il eust eu les moyens de M. le vidasme

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