‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 63 sur 270 · Antoine de Fignères · texte numérisé non relu

Antoine de Fignères

2. Honorât de Savoie, comte de Tende, fils de Claude de Savoie et mari de Clarisse Strozzi, sœur de Pierre Strozzi.

ledict conté de Tande et luy dire qu’il l’attendoit au bout du grand parc de Verteuil *, qu’on appelle La Tremblay, en Angoumois, qui est au conte de La Rochefoucaud, où pour lors estoit Monsieur et toute son armée : mais cet appel ne se peut faire si secrettement que le marquis de Villars’ son oncle n’en sceust le vent, et qu’il ne courust après son nepveu, qu’y alloit résolu; et force autres, voire Monsieur s’y acheminoit; si bien que les deffences du combat furent faictes et la partie rompue. A quoy puis après Monsieur y remédia, qui fit que le conte de Brissac, haut à la main, mutin, bravasche, hravoit et menassoit qu’il quicteroit son estât, ou le drappeau blanc ne comparestroit plus. Enfin , le tout bien poisé et disputé, que nul plus grand affront et despit n’est à un couronnel général que de voir un autre se vouloir parangonner à luy et porter ceste enseigne blanche, il fut arresté que ledict drappeau se plieroit. M. le conte de Tande, souffrant cela impatiemment et ne voulant, luy qui s’estoit veu premier en soy et n'estre commandé que de soy-mesme, encor qu’il ne commandast seulement à ceste infanterie , mais à la belle cavallerie qu’il avoit menée de Provance, obéyr au conte de Brissac, ny à son beaufrère M. d’Eslrozze, ne se pleust guières à l’armée, et tost après r’emmena la pluspart de ses gens. Voylà la contention qui fut entre ces deux grandz, et tout pour un morceau de taffetas blanc.

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