Escalier , escalader, de l’italien scalare
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court de son roy la chambre de sa maistresse, qui ne l’ahissoit pourtant trop, et passer par la fenestre, et la nuict entrer dedans et en jouyr, fust par force ou par amour. Et certes elle ne fust estée par trop gastée de se laisser vaincre à un si brave et doux ennemy que celuy-là ; mais ell’ en sceut le vent par quelcun qui luy descouvrit, et pour ce la partie en fut rompue et remise par ledict conte où il eust peu prendre l’occasion. Voyez quell’ hautainetté de courage et présumption de soy ! La dame pour cela ne luy en lit mauvais semblant ; mais elle mourut quelque temps après, pour n’estre trop forte, ains trop foible aux assautz de ses plaisirs vénériens de donne con donne qu’ell’ aymoit.
Ce conte ayma autres honnestes dames, et mesmes une fort honneste dame de Guienne maryée et grande, que j’ay cognue, et très-belle et fort aymable; mais il n’y parvint que des yeux : aussi n’eut-il grand loysir de la servir; et, despuis, M. d’Estrozze prenant ses erres l’ayma, et estant venue vefve la vouloit espouser; mais il mourut sur ceste voulonté. Ceste dame fut ainsi subjecte d’estre aymée de couronnelz.
Il faut maintenant finir son tableau, lequel j’ay faict au plus petit volume que j’ay peu ; car l’estendre à un plus grand, je n’eusse jamais peu, d’autant que l’œuvre mérite un plus parfaict et suffisant ouvrier; possible en parlera y-je ailleurs. Bref, ce conte <le Brissac a esté l’un des plus parfaictz et accomplys seigneurs que j’aye point veu en nostre court. Je n’en ay guières veu qui en leur jeunesse n’aye faict et en sa vie quelque tour de sottise; mais jamais
celuy-là n’en a faict. A la court ordinairement on a de coustume de faire la guerre aux jeunes gens à leur commancement de leur advènement, et les harceller et harauder *; mais jamais on ne s’est addressé à luy pour jouer de ces tours, tant il estoit gentil , faisant et disant toutes choses de bonne grâce et à propos , et aussi que malaisément il souffroit en jeu, quand on le vouloit picquer ou par trop agasser; et, estant venu en plus haut aage, il n’en falloit point parler; car il avoit très-bonne espée trenchante.
Je coignois un très-brave et vaillant gentilhomme de nostre court, une fois estant en devis parmy nous autres, et que nous discourions de M. de Bussy, il y eut quelqu’un qui alléga M. de Brissac et luy demanda quel il estimoit le plus des deux; il respondit : « Par Dieu ! Le conte de Brissac ! d’autant que « je ne crainctz nullement Bussy et j’ay crainct M. de « Brissac. » Ceste rodomontade estoit belle, faisant tant pour celuy-là qui la proff'éroit que pour le conte.
Après sa mort, M. de Brissac qui est aujourd’huy, son frère*, eut son estât de couronnel, encor qu’il ne fust qu’un enfant; comm’ estoit bien raison que, pour les services du père et du frère, il se ressentist de quelques biens-faictz de son prince, et aussi qu’on voyoit en luy desjà quelques signes, et en sa face et façons, de ressembler un jour le père et le frère, sinon à la perfection, au moins à l’approche ; et quand pour la vaillance, on ne luy sçaroit osier qu’il n’en
t. Harauder , railler.
2. Charles II de Cossé, comte, puis premier duc de Brissac, pair et maréchal de France, mort en 1621.
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ayt approché au frère, car il est vaillant, mais non pour sa fortune. Il fut choisy de la reyne mère pour aller avec M. d'Estrozze en Portugal, et tenir le premier rang après luy; car, outre qu’elle s’assuroit qu’il fairoit, comme elle le dist, quelque chose pareille à ses prédécesseurs, il avoit du fondz et de quoy à enfoncer à l’appoinctement et despans, et pour ce elle le choisist. Aussi y fit-il belle despanse, et que c’estoit son advènement. Voylà comment il faut attrapper les jeunes à leur advenue, quand ilz ont force moyens, et leur faut mettre le cœur au ventre ainsi. Il y combatit si bien que, si tout le monde eust secouru M. d’Estrozze comme fit le conte, sans point de doubte l'armée d’Espaigne estoit totallement deffaicte; car il se cramponna de son costé si bien, et vint si bravement et sans marchander aux mains, qu’il donna un terrible affaire à ses ennemis; et sans qu’il fust assaillv et combatu longuement et par trop opiniastrement d’autres navires que d’un, il en eust eu bientost raison; mais, se voyant mal assisté et M. d’Estrozze deffaict, contrainct de céder à la force, se deffit, descramponna et désinvestit bravement de l’ennemy, se sauva avec beaucoup de gloire ; et fut luy le premier qui en apporta les nouvelles de la deffaicte : ce qu’il ne*devoit faire pourtant , car le premier qui porte telles nouvelles n’est en cela si honnoré comme le dernier en telles factions.
Cela est bon pour un petit courrier, mais non pour un grand, ainsi que fit d’Escars *, qui porta le