‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 69 sur 270 · En 1389. Voyez de Thou, liv. XCVII · texte numérisé non relu

En 1389. Voyez de Thou, liv. XCVII

lors au camp. D’autres disent qu’il fit très-mal, pour avoir ainsi quicté son party et à luy faict ce traict sans luy' en avoir donné l’occasion de mescontentemcnt, ains l’avoir honnoré de tous les honneurs du monde, comme l’avoir faict mareschal de France et gouverneur de la plus belle et grande ville du monde , et le blasaient en pela d’avoir commis trahison.

Aussi madame de Montpensier dist après au roy : « J’avois bien ouy dire, sire, que Brissac estoit pol- « tron , mais non jamais trahistre. m Certes , pour recognoistre et servir son roy cela ne se peut dire trahison : tant s’en faut; c’est un acte très-magnanime, et dont ledict conte en doit eslre très-loué. Je m’en rapporte en cela aux mieux discourans , et mesmes à luy qui en sçaura très-bien débattre sa cause, car il est des mieux disans et des sçavans seigneurs de France ; seigneur l’appellé-je (car outre ses grades il est tel), pour avoir ouy tenir ceste maxime à feu M. le eonnestable, à propos du feu conte son frère*, sur quelque subject qui seroit long à dire : que quiconque le gentilhomme de France qui a et passe trente mille livres de rente, il se peut appeller seigneur, quand il n’auroit aucuns grades ny charges.

Ce conte donc est un seigneur de grand esprit, de sçavoir, et bien disant. Il fut député par les estatz à Bloys* de porter la parolle pour toute la noblesse de France , dont il s’en acquieta très-bien ; toutesfois

Page 1