Landamine de Médicis
il ne bougea d’avecqu’ elle , à la caresser , l’accoller et coucher avecqu’ elle si ordinairement et sans en bouger d’auprès ny desmonter, que par petites et courtes pauses , que luy, s’en ressasiant son benoist saoul pour un coup, se partit de là, et n’en fit plus jamais tant de cas, ny luy fit tant de caresses ny d’accollades ordinaires comme l’espace de ce mois , et s’en reffroidist bien fort après (M. d’Estrozze me l’a dict ainsi); à quoy il avoit tort; car, quand ce seroit la meilleure et la plus délicatte viande du monde, ne la mangeant et prenant de telle satiété jusqu’à crever, l'on l’en a puis après en très-grand’ horreur, et tousjours sur le cœur. Il en devoit tousjours gouster en appétit, et faire comme l’on foict aux dogues en Angleterre, lesquelz leurs maistres ne laissent jamais encharner 1 2 sur la beste qu’ilz ont attaquée , mais les en retirent aussitost qu’ilz les voyent acharnez et par trop aspres. J’ay parlé ailleurs de ce seigneur, il m’en suffit.
Il fout parler d’un autre couronnel , qui fut le capitaine Valleron’, lequel fut envoyé par le roy Henry à la guerre de Sienne ; et M. l’admirai d’autant qu’il avoit esté son lieutenant et l’avoit bien servy, et l’avoit cognu fort brave et vaillant et sage capitaine , et l’aymoit d’autant plus, voulant eslever sa créature, le nomma au roy Henry qui l’honnora de ceste charge de mener les trouppes en Toscane; dont M. l’admirai luy donna douze enseignes des siennes vieilles qu’il avoit, ensemble permission d’arborer