Marc-Antoine Viarron, seigneur de Velleron
COURONN'ELS FRANÇOIS. 165
l’enseigne blanche aussitost qu’il seroit hors de France, mais non plus tost. Je l’ay ouy dire ainsi à d’aucuns vieux capitaines.
Certes, le roy et M. l’admirai avoient raison d’honnorer cest homme de ceste charge , car il en estoit bien digne, et servit très-bien le roy, tant en la guerre de Sienne que de Corsègue, mais non pas longuement, n’en ayant longtemps loysir; car il mourut à ceste maudite routte de Sienne de M. d’Estrozze, là où les François, commandez par leur brave couronnel M. de Valleron, et les lansquenetz, commandez par le Rincroq, firent si bien et combattirent si oppiniastrément , se voyantz abandonnez de toute la cavallerie , qui ne combatit jamais , qu’aucuns fort peu, encor qu’il en demeurast sur la place de mortz plus de cinq mille; et si peu qui en resta rent se retirarent dans Sienne où ces belles dames et honnestes Siennoises n’oublyarent rien de tout devoir de piété envers eux, car elles les secoururent de tout, et pensarent elles-mesmcs de leurs belles mains les playes des pauvres blessez, encor qu’il ne soit le plus expédient d’estre pensé d’une belle femme, car elle rengrège 1 un’ autre piaye. Je le puis ainsi assurer par un accidant d’un’ harquebusade que j’euz dans le visage une fois à Portefin près de Gênes, dont j’en demeuray aveugle six jours sans rien voir. Là se trouva une fort belle dame de là mesmes, trèsbelle certes, honneste et fort charitable, qui sçaehant guérir du fœu, auquel le laict d’une femme est très-propre, ell’ entreprit ma guérison ; et me jettoit