Civitella, dans le royaume de Naples
plus gaye à faire ce voyage, et surtout de bons chefz et capitaines.
Pour quand à l’infanterie, quand on ouist raisonner qu’un tel prince que M. de Nemours en estoit couronnel, les soldatz et capitaines à l’envy se mettaient aux champs pour estre soubz luy ; et sans une ruse que fit M. le mareschal de Brissac, après Valance pris, qui fit passer ses gens de-là l’eau et semblant de faire monstre, il demeuroit fort court de bons soldatz ; car ilz se desroboient tous pour suivre M. de Nemours. On le cognut après, car les forces de France se deffirent fort alors, disoit-on. On le cognut bien à Sainct-Quentin ; mais quoy ! et qu’en pouvoient mais les chefz qui les avoient soubs eux? Car si un gallant homme me veut suivre, un brave capitaine, un soldat, un gentilhomme, seray-je si fat de ne le recepvoir ny de le regester1? Tant s’en faut; que je le chériray et luy fairay toutes les caresses du monde. Je dis cecy pareequ’aucuns ont voulu taxer M. de Guyze d’avoir emmené les forces de la France. Hz sont bien de loysir d’aller dire ces choses-là. N’estoient-ilz pas assez d’autres forces restées en France pour battre toutes celles du roy d’Espaigne, si un chacun eust voulu faire son debvoir, et combattre comm’ il devoit 1 Yoylà ce que j’en ay ouy dire à de grandz personnages de guerre qui estaient de ce temps là. Encor mondict sieur de Guyze ne vint-il pas bien à poinct, et ses forces, pour restaurer la perte par les prises de Callais, Guynes et Thyonville, et puis la belle armée d’Amians, et la belle conte-