Engarder, empêcher
« serviteur, je vous honnore fort; je vous prie ne me a divertir point de mon combat ; vous venez pour < cela, je le sçay. » Et à moy il me dist seulement : « Cousin, je te prie, va-t’en ; » car il m’aymoit fort. Et à M. de Rambouillet il dist : « Monsieur de Ram- « bouillet, je ne fairay rien des commandemens de « vostre charge, retournez vous-en; » et le dist d’une furie, l’espée en son fourreau et en la main. Il m’a dict despuis qu’il estoit si despité de se battre et enragé, que si nous n’y fussions estez M. d’Estrozze et moy, il eust faict un mauvais tour à M. de Rambouillet, car il n’avoit avec luy qu’un seul archer. Enfin M. d’Estrozze et moy prismes terre les premiers, et remonstrasmes à M. de Bussi le tort qu’il se faisoit de désobéyr ainsi à un capitaine des gardes parlant de par le roy, aussi que le roy dès-lors commançoit à le desgouster'. Pour tout, nous luy donnasmes tant du bec et de l’aesle, qu’il nous creust, remettant la partie à une autre fois, et s’en tourna ; et trouvasmes Monsieur, frère du roy, qui commançoit alors l’amitié extrême qu’il luy a porté despuis, et qu’i couroit, et l’emmena en sa chambre. M. de Rambouillet vit encor; s’il s’en souvient, il pourra tesmoigner si je mentz. Et le roy vint après, qui s’estoit allé pourmener dehors, qui commanda aux gardes de se saisir de l’un et de l’autre, et aux uns et aux autres de ne se battre. M. de Bussi demeura dans l’hostel de Monsieur, l’autre ailleurs; et puis commanda à messieurs de Nevers et mareschal de Retz de les accorder.