Le roi Charles V épousa, le 8 août 1350, Jeanne, lille de
dist lors aucun droict ni nom; mais, au contraire, il appennagea Pliilipes son frère de la Bourgongne, pour en faire le mariage aveq' la contesse de Flandres, ne la voulant prendre pour luy, ne la trouvant si belle, mais bien plus riche que celle de Bourbon ; qui est encore une. grande asseurance que l'article de ceste loy salicque n'a pas tousjours estée observée aux membres comme au chef; et ne faut douter que les filles venant à la couronne, mesmes quand elles sont belles, lionnestes et vertueuses comme ceste-ci, n'atirassent plus le cœur de leurs subjectz par leurs beautez et douceurs , que toutes les forces des hommes.
M. du Tilhet' dit que la reyne Clotilde fit recepvoir en France la religion chrestienne, et despuis ne s'est trouvée aucune reyne qui s'en soit desvoyée, qui est ung grand honneur pour les reynes : ce qui n'est advenu aux rois despuis Clovis; car Chilpéric premier fut entaché de l'erreur arrienne, et deux seulz prélatz de l'église galicane par résistance l'arrestarent, comme dict Grégoyre de Tours ^
Davantage, Catherine, fille de Charles VF, ne fut-
Pierre P"", duc de Bourbon. Son frère Philippe le Hardi, à qui il avait confirmé (1364) la donation faite par le roi Jean du duché de Bourgogne, se maria en 1369 à Marguerite, fille de Louis de Maie, comtesse de Flandre.
1. Voyez les Mémoires et recherches de J. du Tillet^ Troyes, 1578, in-8% fM44v°.
2. Ces deux évêques étaient Grégoire de Tours et Salvius, évêque d'Albi. Voyez Grégoii'e de Tours, liv. V, chap. xlvi. Brantôme a pris ceci non pas dans le chroniqueur, mais dans \ Histoire de France de du Haillan, p. 67.
o2 DES DAMES.
elle pas ordonnée reyne de France par le roy son père et son conseil • ?
Du Tilliet dict encores de plus* : que les filles de France estoient en telles révérances , qu'encores qu'elles fussent mariées à moindres que roys, néantmoings prenoient le tillre royal, et estoient appellées reynes avec' le nom propre; et cest honneur leur estoit donné pour leur vie, par démonstration qu'elles estoient filles de roys de France. Ceste coustume ancienne monstroit sourdement que les filles de France pouvoyent estre bien reynes, aussi bien que les filz. Il se treuve que, du temps du roy sainct Louys, tenant la cour des pairs, la contesse de Flandres ' est renommée présente et tenant lieu* entre les pairs. Voylà commant ceste loy salique faut entre les membres et non parmy le chef; en quoy elle est corrompue, car les membres se doyvent reigler par le chef. Voyez que dict encor' M. du Tilhet * : v Par la loy « sallique, escripte pour les seulz subjectz, quand il H n'y avoit filz, les filles héritoyent en l'ancien pac( trimoyne. Qui vouldroit reigler la couronne, mes- (f dames, filles de France, au deffaut des filz, la
4. Par le honteux traité qu'Isabeau de Bavière lui fit conclure à Troyes le 21 mai 1420 avec Henri V d'Angleterre, Charles VI donna sa fille Catherine en mariage au monarque anglais qu'il déclara régent du royaume et héritier de la couronne de France, à l'exclusion de tout prince de la famille royale.