‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 3)Chapitre 19 sur 112 · Du Tillet, ibid., f" 183 v · texte numérisé non relu

Du Tillet, ibid., f" 183 v

3. Jeanne, comtesse de Flandre, assista, entre les pairs, au sacre de Louis IX, en 1226, pendant la captivité de son mari Ferrand de Portugal.

4. Tenant lieu, tenant sa place, ri. Du Tillet, ihid., fM82. ,

« prendroient ; et néantmoings elles en sont perpé- « tuellement excluses par coustume et loy particu- « lière de la maison de France, fonde'e sur la magna- « nimité des François, qui ne peuvent souffrir d'estre « dominez par les femmes. » Et ailleurs dict : « Et a se faut esbayr de la longue ignorance qui a altri- « bue ceste coustume à la loy salique, qui est con- « trayre. »

Le roy Charles le Quint , traittant le mariage de madame Marie de France, sa fille, aveq Guillaume, conte de Haynaut, en l'an mil troys cens septante et quatre^, stipula la renonciation dudit conte au droict du royaume et de Dauphiné; ce qui est ung grand poinct : et par là voyez-vous les contrariétez'?

Certes, si les femmes scavoient manier les armes aussi bien que les hommes, elles s'en feroient accroire : mais, en récompence, elles ont leur beau visage, qu'on ne recongnoist pas comme on debvroit; car, certes, il vault mieux d'estre commandé des belles, habilles, gentilles et honnestes femmes, que des hommes fascheux , falz, laidz et maussades, comme ^ jadis il y en ha heu en ceste France.

Je vouldrois bien sçavoir si ce royaume s'est mieux trouvé d'une infinité de roys fatz, sotz, tyrans, simples, faictznéantz, idiotz, folz, qui ont estez (ne voulant pourtant taxer noz braves Pharamontz, noz Clodions, noz Clovis, noz Pépins, noz Martelz,

1. Ce mariage n'eut pas lieu. Marie mourut jeune en d377. 9,. Çontrariétez, contradictions.

3. Cette dernière ligne est ajoute'e en marge de la main de Brantôme, sur le ms. 3271.

noz Charles, noz Louys, noz Philipes, noz Jehans, noz Françoys, noz Tlenrys, car ilz sont estez trop braves et magnanimes ceux-là : et bien heureux estoit le peuple qui estoit soubz eux), qu'ilz lieussent faict d'une infinité de filles de France qui sont estées très-habilles , fort prudentes et bien dignes pour commander. Je m'en raporte aux régences des mères des roys commant on s'en est bien trouvé.

Frédégonde, commant administra-elle les affaires de France pendant le soubz-aage du roy Clotayre son fils, les administrant si sagement et dextrement, qu'd se vit, avant que mourir, monarque de la Gaule et de beaucoup de l'Allemaigne ?

Le semblable fit Natilde', femme de Dagobert, à l'endroict du roy Clovis deuxiesme, son filz, et, longtemps aprez. Blanche, mère de sainct Louys-, laquelle s'i comporta si saigement, ainsin que j'ay leu, que, tout ainsin que les empereurs romains se faisoient apeller Augustes^ en commémoration de l'heur et prospérité qui s'estoit trouvée au grand empereur Auguste, aussi toutes les reynes mères anciennement, aprez le décez des roys leur marys, voulloyent estre nommées reynes Blanches, pour ung honnorable mémoyre tirée du gouvernement de cette saige princesse. Encor' que M. du Tillet y contredict ung peu en cella -, toutesfois je le tiens d'un grand sénateur.

Et, pour passer plus bas, Yzabeau de Bavières eust

\. Nanthilde, seconde femme de Dagobert I" qui en eut cinq. Elle survécut à son mari qui mourut en 638, gouverna les royaumes de Neustrie et de Bourgogne pendant la minorité de son fils Clovis II, et mourut en 641 .

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