Et avec raison. Voyez les Mémoires, f
MARGUERITE, REYNE DE FRANCE ET DE NAVARRE. bS
la régence de son lilz , son mary Charles VF estant altéré de son bon sens, par l'advis de son conseil; comme aussi fut madame de Bourbon du petit roy Charles VHP son frère, en son bas aage, madame Louyse de Savoye du roy François, et la reyne mère du roy Charles neufiesme son filz.
Si donq les dames estrangières (fors madame de Bourbon ', car elle estoit fille de France) sont estées si capables de gouverner si bien la France, pourquoy ne le seront les nostres telles, et ne la gouverneroient aussi bien, et d'aussi bon zelle et affection, puisqu'elles y sont nées et y ont pris leur laict, et que le faict leur touche?
Je vouldrois bien sçavoir en quoy noz derniers roys ont surpassé noz trois filles de France dernières, Elizabet, Claude et Marguerite ; que si elles fussent venues à estre reynes de France, qu'elles ne l'eussent aussi bien gouvernée (sans que je veuille pourtant taxer leur suffisance et régence, car elle a esté trèsgrande et très-sage), aussi bien que leur frères. J'ay ouy dire à beaucoup tie grands personnages bien entendus et bien prévoyans, que possible n'eussionsnous heu les malheurs que nous avons heu, que nous avons et que nous aurons encor'; et en alléguoient des raisons qui seroient trop longues à mettre icy. Mais voilà, ce dict le commun et sot vulgayre : « Il faut observer la loy sallique. » Pauvre fat qu'il est ! Ne sçait-il pas bien encores que les Germains, de l'estoq' desquelz nous sommes sortis, avoyent accoustumé d'apeller les femmes à leurs affaires d'Es-