‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 3)Chapitre 21 sur 112 · Anne de Beaiijeu. Voyez son article [)liis loin · texte numérisé non relu

Anne de Beaiijeu. Voyez son article [)liis loin

tat, tout aussi bien que les hommes, comme nous apprenons deTaeitus*? Par là nous aprenons que ceste loy sallique a esté despuis corrompue, puisqu'il les ont senties dignes de commander ; mais ce n'est qu'une vraye coustume, et que les pauvres filles, qui estoient foibles pour débattre leur droict par la poincte de l'espée, comme il se débattoit anciennement, les hommes les en excluoient et chassoient du tout. Ah ! que ne vivent maintenant noz braves et vaillans palladins de France, ung Roland, ung Renaud, ung Ogier, ung Olivier, ung Deudon, ung Griffon, ung Yvon, et un' infinité d'autres braves, desquelz la proffession estoit, et la gloire, de secourir les dames et les maintenir ^ en leurs afflictions et traverses de leur vie, de l'honneur et biens, pour maintenant combattre le droict de nostre reyne Marguerite ! laquelle , tant s'en faut qu'elle jouisse d'ung seul pouce de terre du rovaume de France (duquel est si noblement sortie, et qui, possil^le, luy apartient de tout droict divin et humain), qu'elle ne jouist pas rien de sa conté d'Auvergne, qui luy apartient par toute justice et aequité, pour estre restée seulle et héritière de la reyne sa mère, et est retirée dans ung chasteau d'Usson', parmy les déserts, rochers et montagnes d'Auvergne : habitation certes, par trop dissemblable à une grande ville de Paris, où elle debvroit maintenant tenir son throsne et son siège de justice, qui luy appartient

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