Barricaves, précipices
2. Les mots avec son mary ont été rajoutés entre les lignes par
recueillir et lionnorer comme l'on doibt! Si c'estoit une revue et princesse mauvaise, malicieuse, avare ou tyranne, comme il en a heu force le temps passé en France, et possible qu'il y en aura encores, je n'en sçaurois que dire; mais elle toute bonne, toute splendide, libéralle, n'ayant rien à soy, donnant à tout le monde, et gardant peu pour soy, tant charitable, tant ausmonnière à l'endroict des pauvres. Aux plus grands elle faisoit honte en libéralitez; comme je l'ay veue au jour des estreynes faire des présens à toute la court, que les roys ses frères s'en estonnoyent et n'en faisoyent de pareilz.
Elle donna à la reyne Louyse de Lorrayne une fois pour ses estreynes ung esvantail faict de nacres de perles, enrichi de pierreries et grosses perles, si beau et si riche, qu'on disoit estre ung chef d'œuvre, et l'estimoit-on à plus de quinze cents escus'. L'autre, pour rétribuer^ ce présent, luy envoya de longs fers d'aiguillettes, que l'Hespaignol appelle punlas, enrichis de quelques perles et pierreries, qui pouvoyent monter à quelque cent escus, et la paya de ses aiguillettes pour ses estraines fort, certes, dissemblables.
Bref, ceste reyne est en tout royalle et libéralle, honnorable et magnifique ; et, ne desplaise aux impératrices du temps passé, leur magnificences descriptes par Suétone, Pline et autres, n'en ont rien
Brantôme qui a mis en marge : J'escrivois cecy au plus fort de la guerre de la Ligue.