‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 3)Chapitre 50 sur 112 · J. du Tillet, ouvrage cité, f · texte numérisé non relu

J. du Tillet, ouvrage cité, f

MARGUERITE, REYNE DE NAVARRE. 11 y

sitif *, car elle s'adonna fort aux lettres en son jeune aage; et les continua tant qu'elle vescut, aimant et conversant du temps de sa grandeur^ ordinairement à la courtj aveq' les gens les plus sçavans du royaume de son frère. Aussi tous l'honoroient tellement, qu'ilz l'appelloyent leur Mœcenas; et la pluspart de leurs livres, qui se composoient allors, s'adressoit au roy son frère, qui estoit bien sçavant, ou à elle.

Elle-mesme composa fort, et fit ung livre qu'elle intitula La Marguerite des Marguerites^ qui est trèsbeau, et le trouve-t-on encor imprimé ^ Elle composoit souvent des commédies et des moralitez, qu'on ' apelloit en ce temps là; et des pastoralles, qu'elle faisoit jouer et représenter par les filles de sa court.

Elle aymoit fort à composer des chansons spirituelles, car elle a voit le cœur fort adonné à Dieu : aussi portoit-elle pour sa divise* la fleur du soucy, qui est la fleur ayant plus d'afinité aveq' le soleil qu'aucune qui soit, tant en similitude de ses rayons es feuilles de laditte fleur, que à raison de la compaignie qu'elle luy fait ordinairement, se tournant de toutes partz là où il va, despuis oriant jusqu'en occidant , s'ouvrant aussi ou clouant *, selon sa hauteur ou basseur. Aussi elle s'acommoda de ceste divise*, aveq ces motz : Non inferiora secutus, en

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