Les six mots qui suivent ont été rajoutés en marge par
signe qu'elle dirigoyt et tendoyt toutes ses actions, pensées , volontés et affections , à ce grand soleil d'en haut qui estoit Dieu ; et^ pour ce, la soubseonnoit-on de la relligion de Luther. Mais, pour le respect et l'amour qu'elle portoit au roy son frère, qui l'aymoit unicquement et l'appelloit tousjours sa mignonne, elle n'en fist jamais aucune proffession ni sémillant; et, si elle la croyoit, elle la tenoit dans son âme fort secrette, d'autant que le roy la haissoit fort, disant qu'elle, et toute autre nouvelle secte, tendoient plus à la destruction des royaumes, des monarchies et dominations nouvelles, qu'à l'édification des âmes.
Le grand sultan Sollyman en disoit de mesmes : laquelle \ combien qu'elle renversast force poinctz de la relligion chrestienne et du pape, il ne la pouvoit aymer ; « d'autant , ce disoit-il , que les religieux « d'icelle n'estoyent que brouillons séditieux, et ne « se tenoient jamais en repos qu'ilz ne remuassent « tousjours. )) Voylà pourquoy le roy François, sage prince s'il en fut onq', en prévoyant les misères qui en sont venues en plusieurs partz de la chrestienté, les hayssoit, et fut ung peu rigoureux à faire brûler tous vifz les hérétiques de son temps. Si * ne layssat-il pourtant à favoriser les princes protestans d'Alle-
Brantôme. — Cette devise de Marguerite est rapporte'e par Claude Paradin dans ses Devises héroïques (1557, in-S", p. 41). C'est là qne Brantôme l'a prise en copiant presque textuellement l'explication qui l'accompagne. Cf. la note 3 de la page 128.
1 , Laquelle, la nouvelle secte.