La ftn de l'alinéa a été rajoutée en marge par Bi'antûme
MARGUERITE, REYNE DE NAVARRE. il7
magne contre l'empereur. Ainsin ces grands roys se gouvernent comm' il leur plaist.
J'ay ouy conter à personne de foy que M. le connestable de Montmorancy, en sa plus grande faveur, discourant de ce faict ung jour aveq' le roy, ne fist difTiculté ny scrupule de luy dire que, s'il vouloit bien exterminer les hérétiques de son royaume, qu'il falloit commancer à sa court et à ses plus proches, luy nommant la revne sa sœur; à quoy le roy respondist : « Ne parlons point de celle-là, elle m'ayme (( trop. Elle ne croyra jamais que ce que je croyray, « et ne prendra jamais de relligion qui préjudicie à « mon Estât. « Donq' oncques puis elle n'ayma jamais M. le connestable, l'ayant sceu, et luy ayda bien à sa deflaveur et son banissement de la court; si bien que, le jour que madame la princesse de Navarre sa fille ' fut mariée aveq' le duc de Clèves à Chastelleraud , ainsin qu'il la falust mener à l'église, d'autant qu'elle estoit si chargée de pierreries et de robe d'or et d'argent, et pour ce par la foiblesse de son corps n'eust sceu marcher, le roy commanda à M", le connestable de prendre sa petite niepce au col, et la porter à l'éghse : dont toute la court s'en estonna fort, pour estre une charge peu convenable et honnorable en telle cérimonie pour ung connestable, et qu'elle se pouvoit bien donner à ung autre; de quoy la reyne de Navarre n'en fust nullement desplaisante, et dit : « Voilà celluy qui me vou- « loit ruyner autour du roy mon frère, qui mainte tenant sert à porter ma fille à l'église. »