Chai'les-Emmanuel I", Voyez tome II, p
rance aussi bien que du dedans; el tousjours disoit que si sa tante eust veseu que cella ne fût point arrivé.
Voylà la bonne opinion que ceste bonne princesse avoit laissé au roi et à tout le monde de sa bonté. Vussi, pour dire vray, comme je tiens de bon lieu, quand elle ne fust eslée telle, et qu'elle eust estée d'autre naturel que du sien bon, jamais le roy ny son conseil ne l'heussent advantagée si grandement, ny faict de si grands biens, que certes elle n'a jamais espargné ny pour la France ny pour les François. Et ne se peut plaindre aucun François, qui, allants et venans deçà et delà les montz , s'adressant à elle en sa nécessité, qu'elle ne l'ayt secouru, assisté du tout, et donné bon argent pour sa passade et pour se conduire en chemin. Je sçay que, lorsque nous tournasmes de Malte , elle fit de grandes gracieuselez et donna beaucoup d'argent à tant de François, qui s'adressarent à elle et luy en demandarent; mesmes sans luy en demander elle leur en faisoit offrir. Je le peux dire comme sçavant, quand à moy; car madame la contesse de Pancallier, sœur de M. de Raix, et fort sa favorite et sa dame d'honneur, ung soir, en me baillant à soupper en sa chambre, me présenta dans une bource cinq cens escus de la part de maditte dame, d'autant qu'elle aymoit extrêmement madame de Dampierre ma tante, et avoit fort aymée ma mère. Mais je puis jurer aveq' vérité et l'asseurer que je n'en prins jamais ung seul sol; car j'en avois assez pour me conduire à la court, et plustost je me fusse conduict à pied que d'estre si effronté et impudent d'importuner telle princesse. J'en cognois beau-