Il y avait d'abord sur le ms. : et m en importuna
Et jamais ne parloit à eux assise, que debout ; et aucuns, moiennement principaux que j'ay veuz, elle faisoit et pressoit asseoir auprez d'elle.
Bref, on ne sçauroit jamais tant dire de bien de ceste princesse, comme il \ ( n a heu^ et fauldroict ung plus brave escrivain , qui entreprist ses verluz , et autre que moy. Je me tayray donq' jusques à ung autre fois et me mettray à parler des filles de nostre roy Henry, et commanceray par son aisnée , madame Elizabet de France, ou plustost la faut apeller la belle Elizabet du monde , pour ses rares vertus et perfections, laquelle fut reyne d'Hespaigne, et bien aymée et honnorée de tout son peuple en son vivant, et après sa mort fort plaincte et regrettée d'icelluy, comme j'ay dict cy-devant au discours que sommairement j'ay faict d'elle ' : par quoy je me contenterai pour le présent de n'en escrire d'avantage, et parleray de sa sœur, la seconde fille du roy Henry, qui fut madame Claude de France (le nom de son Madame ayeule), duchesse de Lorrayne, qui a esté belle, sage, Claude vertueuse, bonne et douce princesse. Si bien qu'on la disoit en tout, à la court, ressembler à la mère et à la tante, et estre leur vray ymage. Elle avoit au visage une cerlayne gayetté qui plaisoit fort à tous ceux qui la regardoient. En sa beauté elle ressembloit sa mère, et en son sçavoir elle ressembloit sa tante', et de toutes deux elle participoit de la bonté
i . Voyez plus haut p. 1 et suivantes.
2. Claude de France, née le 12 novembre 1547, marie'e le 22 janvier 1558 à Charles II, duc de Lorraine, morte le 20 février 157S. — Voy. son Oraison funèbre par Sorbin, 1575^ in-S".
3. Nous rétablissons ces mots : et de toutes deux elle partici~
de France '.
que ceux: de Lorrayne ont tousjours fort esprouvée , tant qu'elle a vescu, comme* je l'ay veu moy estant en ces pays là, et aprez sa mort l'ont trouvée fort à dire. Aussi de sa mort tout le pays en fut comblé de regretz ; et M. de Lorrayne la plaignist ' tellement^ que encor' qu'il a demeuré veuf d'elle, jeune, ne vouleust jamais se remarier, disant qu'il n'en pourroit jamais trouver une pareille, et que s'il la pensoit trouver véritablement il se remarieroit.
Elle luy laissa une belle race, et mourut aprez de mal d'enfant, à l'apétit d'une vielle sage-femme et grosse yvrongne de Paris, en laquelle elle avoit plus de fiance qu'en tout autre.
Les nouvelles de sa mort en vindrent à Reins, au sacre du rov, dont toute la court en demeura en deuil et tristesse extrême, pour sa bonté qu'elle démonstroit à tout le monde où elle pouvoit, quand elle y A^enoit.
La dernière fois qu'elle y vint, le roy son frère luv donna toutes les amandes de la Guienne; car ilz tiennent que les confiscations n'y ont lieu; mais on y faict les amandes si grandes, que bien souvant passent et vallent les confiscations.
Madame de Dampierre luy en demanda une, moy présent, un jour, d'un gentilbomme que je sçay. Elle luy fist responce : » Madame de Dampierre, je la « vous donne de bon cœur, n'ayant accepté ce don
poit de la bonté que, qui ont été biffes par erreur sur le manuscrit.
\ . Ce membre de phrase a été rajouté en marge.
2, Plaindre, regretter.