‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 3)Chapitre 73 sur 112 · Hongre^ Hongrois · texte numérisé non relu

Hongre^ Hongrois

qu'il vaiilt mieux prévenir que d'estre prévenu, et mesmes en matière de vie.

Touchant à son cousin , le filz du prince de Tarante^ qui mourust par trop exténué, elle n'en peut mais^ puis qu'on ne sçauroit engarder aucun qui ne s'enyvre de son vin propre : et après, qu'en peut mais le vin, s'il a donné la venue à son maistre et beuveur? Il ne l'en faut blasmer, sinon le maistre qui le boit. Je ne doutte pas que la grande beauté de ceste belle reyne, sa grâce, sa majesté, ses façons, ses doux attraictz et plaisans allèchemens, ambrassades et attouchements, ne fissent efforcer ce jeune homme à faire plus que ne pouvoit nature ; mais cest effort venoit de luy, et non d'elle; car en cella la femme ne peut forcer de force l'homme, ny à coups de baston, par manière de dire. Il faut que le tout vienne de l'humeur de l'homme, de la force de son effect, et surtout de son ardante convoitise. Et quand bien tout cella ne seroit , et commant pouvoit-il mieux moisir sinon en bien servant sa reyne et sa dame, et luy mionstrant Tardante affection qu'il luy porto it, puis qu'il n'espargnoit point sa peyne, ses forces, sa violence, et que pour la bien contenter, et luy donner du plaisir, il mouroit pour l'amour d'elle, et dans le camp amoureux de son lict, où il avoit si vaillamment combattu et exposé pour l'amour d'elle, et si libérallement, sa vie?

On list que Médor et Claridan *, lorsqu'ilz assaillirent si furieusement le camp de Gharlemaigne , tuarent ung seigneur d'Albret dans sa tante, entre

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