‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 3)Chapitre 87 sur 112 · Cautemant, finement · texte numérisé non relu

Cautemant, finement

dire et sa bonne plume, pour la rendre excellante et immortelle par son rapport à tout le monde de ses belles vertus; mais le gallant n'en fist rien, et la trompa, et s'en alla eserire ces deux livres manteurs, qui l'ont plus escandalisée qu'édifiée, combien qu'il n'en jouist onq' : mais escrivains, poètes et courtisans voUontiers publient leurs valleurs et leurs jouyssances, soyent ïauces ou vrayes, encor que j'aye cogneu aucuns poètes qui ayent heu de bonnes faveurs, dont j'espère d'en parler quelques fois.

Pour retourner à nostre reyne Jehanne, Boccace eust acquis un renom cent fois plus qu'il n'a faict s'il eust faict une belle hystoire d'elle; et Pétrarque de mesmes, qui estoit de ce temps, s'il eust converti tous ses, beaux vers , qu'il a faictz pour sa Laure , à la louange de ceste reyne, la beauté de laquelle méritoit cent fois plus estre exaltée que celle de Laure.

Son pourtraict que l'on veoit encor * faict tesmoigner à tout le monde qu'elle estoit plus angellique qu'humaine. Je l'ay veu à Naples, en force endroictz, qui se monstre et se garde par espéciauté grande. Je l'ay veu en France aux cabinetz de nos roys, de noz reynes et de plusieurs dames. Certes, c'estoit une très-belle princesse, et qui monstroit en son visage une grande douceur, aveq' une belle majesté. Elle y parest vestue fort pompeuse d'une robe qui monstre estre de vellours cramoisi, aveq' force passements

] . Il en existe plusieurs au Cabinet des estampes ; elle n'y est représentée qu'en buste. Il y en a deux qui, à cause de la coiffure, pourraient peut-être se rapprocher de la description de Brantôme.

d'or et d'argent. Elle estoit quasi de la propre façon que noz dames d'aujourd'liuy portent le jour d'une grand' magnificence, qu'on appelle à la boulonnoise, aveq' force grandes pointes d'aiguillettes d'or. Elle porte en sa teste ung bonnet sus son escoffion. Bref, ce beau pourtraict ne représente en rien ceste dame, sinon que toute belle, douce et vraye majesté ; si bien qu'à la veoir painte le monde s'en rend ravy et amoureux de sa painture, comme j'en ay veu aucuns, et comme aussi autrefois ont estes aucuns de son naïf*.

J'ay veu une dame de France, qui la ressembloit en son pourtraict bien fort et au naïf. Ce beau visage ne niéritoit point les adversitez ny la mort que fortune luy envoya.

J'ay leu dans ung livre en liespaignol ce mot de louanere d'elle.

Finô me al pensamiento aquel tan illustre resplendor de Italia, que no solo de las damas reaies j mas aun de las rejes es gloria y arreo especial , la muy excelente senora dona Juana, seremsima reyna de Hierusalem y Sicilia, cuyos tan esclarecidos rayos^ asi de su alla y generosa prosapia y excelentes abuelos, como de las tantas y tan magniflcas glorias por su real y magnaninio corazon, son ganados ; de nianera que todos y iodas grandes adelante ella parecen como una quasi muer ta centella de fuego , delante una hoguera grande y en demasia lumbrada. « Il me vient Pf en pensement ceste illustre et grande lumière et « resplandeur de l'Italie, qui non seullement est la

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