‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 3)Chapitre 88 sur 112 · De son nayf, de sa personne vivante · texte numérisé non relu

De son nayf, de sa personne vivante

JEIIA]V\E T, REYNE DE N.iPLES. 175

« gloire et l'apareil spécial des dames royalles , mais « encor' des roys mesmes , qu'est ceste excellente « dame Jehanne de lérusalem et de Scicille \ de la- « quelle les rayons si clairs de sa race généreuse et u de ses braves ancestres, comme de ses belles, « grandes et magnifiques gloyres, sont gaignées par « son brave et généreux courage; de façon que tous « et toutes, soit grands ou grandes, soyent-ilz au- « jourd'huy, paressent auprez d'elle comme une pe- « tite estincelle, centille ' ou flammeche, devant une « grande fournaise de feu, toute reluysante de flam- « mes, et de grande et claire lueur. »

C'est loué cela, et à l'iiespaignole. Or, avant qu'achever encor' d'elle, je neveux oublier ung conte que j'ay veu et leu dans ung vieux livre italien, en assez mauvais et gros langage pourtant, qui traitte du duel, faict par Paris de Puteo, docteur en loix^. Il dit donq' que ceste belle reyne, tenant ung jour entre ses plus beaux jours le bal ouvert et sollampnel, dans sa ville de Galette, pour quelques magnificences de nopces, ou bien pour quelque autre feste honnorable se trouva, parmy les seigneurs et gentilzhommes de sa court, le seigneur Galeazzo de Mantoue, qui estoit pour lors ung des accomplis gentilzhommes de l'Italie. La reyne le vint choisir el

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